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Cultures intermédiaires - comment les détruire ?

L’interculture est désormais une étape à intégrer dans vos travaux. Les périodes semis et de destruction des couverts piège à nitrates vont demander du temps, et d’autant plus que les surfaces à y consacrer vont augmenter. La destruction, tout n’est pas à négliger, pour ne pas pénaliser la culture suivante.

La couverture des sols nus l’hiver est obligatoire pour les parcelles en zone vulnérable et ZPPN*. La pratique reste fortement recommandée en dehors. La réglementation est indiquée dans le 4ème programme d’action de la directive nitrates (arrêté préfectoral du 22 septembre 2009 – annexe 8). La 1ère chose à prendre en compte concerne les dates.


Le tableau ci-dessous précise les modalités d’implantation et de destruction des Cipans. Par exemple, pour une succession de cultures blé/ maïs, le semis du piège à nitrates doit intervenir avant le 10 septembre. Sa destruction ne peut être envisagée qu’à partir du 15 décembre. Cette date est avancée au 15 novembre pour les grosses terres, argileuses, nécessitant un travail plus précoce.

Les conditions sont alors les suivantes :
• la production de la Cipan est supérieure à 2 tonnes de matière sèche par ha (pour une moutarde, c’est environ 30 cm de haut),
• la texture argileuse du sol est justifiée au moyen d’une analyse granulométrique de terre (fraction argileuse > 25%).


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La destruction chimique des couverts est interdite en Zone Vulnérable
Trois modes de destructions sont généralement envisageables.

La destruction par le gel : C’est la solution la plus simple et la moins coûteuse. Pour cela, il faut privilégier des espèces gélives comme la moutarde, la phacélie ou le sarrasin. Cependant, les températures hivernales ne permettent pas toujours une destruction complète des couverts. De plus, la sensibilité au froid augmente avec le stade de développement du couvert.

La destruction mécanique : Elle influence le choix du couvert dès le départ. En effet, après le gel, c’est la seule solution autorisée en zone vulnérable. Il faudra être vigilant sur les modalités de façon à concilier qualité de destruction et coût. Opter pour un couvert facile à détruire avec le matériel de l’exploitation sera la solution la plus économique. Le broyage est une solution efficace, mais coûteuse en temps et en énergie. Il est adapté aux couverts développés avant labour d’hiver. Cela permet également de détruire le couvert dans des sols peu ressuyés pour un travail du sol. Cependant, l’utilisation d’outils de travail du sol est plus souvent pratiquée. Cela permet de détruire le couvert et de reprendre le travail du sol. La difficulté est de concilier le stade de destruction et le ressuyage du sol pour pouvoir intervenir. Afin de faciliter la destruction mécanique de certains couverts comme l’avoine ou la moutarde, le roulage en décembre est conseillé.

La destruction chimique : Elle est parfois nécessaire selon la nature du couvert implanté. Elle garantit une destruction satisfaisante pour les crucifères comme la navette ou le radis. Dans la mesure du possible, il faudra donc privilégier des couverts adaptés aux destructions mécaniques imposées par la réglementation. Seul le cas de semis sans labour permet la mise en oeuvre d’une destruction chimique (cf. encadré). Et encore, celle-ci doit être déclarée à la DDEA au plus tard dans les 15 jours suivant sa réalisation. Quel que soit le mode de destruction retenu, il ne faut pas intervenir trop tard afin de permettre la reconstitution des réserves en eau du sol par les pluies hivernales. Il faut aussi permettre la minéralisation partielle de l’azote absorbé à l’automne et ainsi ne pas pénaliser la culture suivante. Enfin, il faut limiter les phénomènes allélopathiques* observés uniquement en cas de destruction tardive (ex : graminées avant orge ou moutarde avant maïs).

Le choix des espèces
Le tableau suivant reprend les caractéristiques des principales espèces utilisables en interculture. Celles-ci peuvent être cultivées seules (sauf légumineuses) ou en mélange. L’intérêt des mélanges est d’associer plusieurs espèces en les semant à densité réduite.

* Définition : Chez les plantes, l'allélopathie est la production de composés qui empêchent la croissance d'autres plantes. Elle peut être directe, par les plantes vivantes, ou indirectes par les produits de la décomposition des plantes.




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Le Diagnostic Nitrates

Vos pratiques sont-elles conformes au regard de la réglementation nitrates ? Nous vous proposons la visite d’un conseiller, sur une ½ journée, pour faire le point sur vos pratiques de fertilisation et de gestion de l’interculture. Sur la base d’un questionnaire balayant l’ensemble des mesures du 4ème programme d’action, nous vous indiquerons les points conformes et les points à "corriger" : plan de fumure ou cahier d’épandage à compléter, nombre de reliquats d’azote à réaliser l’hiver prochain, analyses d’effluent obligatoire (pouvant être réalisé par nos soins), surface de couverts végétaux à implanter, modalités de destruction des couverts, localisation des bandes enherbées, possibilité ou non de retourner des prairies, etc.

Tarif : 250 € HT dont 150 € pris en charge par le Conseil Général du Calvados dans le cadre du Plan Agricole et Rural (PAR).

Pour plus de renseignements et/ou pour prendre un rendez-vous, vos correspondants sont :

Bessin ➤ Pierre Laumonnier.............................02 31 51 66 36
Bocage ➤ Gérard Bavière......................................02 31 68 60 68
Plaine ➤ Philippe Lerrant...................................02 31 70 25 72
Pays d’Auge ➤ Benoît Kerhornou..............................02 31 31 87 62



Destruction des CIPAN : plus délicat en non-labour

Lorsque le travail du sol est simplifié, la destruction des couverts est moins efficace car l’effet destructeur de l’enfouissement par le labour est perdu. Il y a donc beaucoup plus de risque de destruction incomplète, de redémarrage de la végétation et création de concurrence dans la culture suivante. La destruction mécanique seule est donc généralement insuffisante en non-labour. Afin de réduire l’utilisation d’herbicide, l’option en non-labour peut être d’opérer d’abord une destruction mécanique, et de reporter l’intervention chimique juste avant implantation de la culture de printemps. Cependant, pour les systèmes sans labour, il est impératif de préserver la structure du sol lors de l’intervention.

La destruction mécanique doit donc être réalisée sur sol parfaitement ressuyé, situation non garantie en période hivernale ! Un passage de pulvérisateur sera quant à lui moins exigeant sur les conditions de portance. L’ensemble de ces difficultés justifie l’existence d’une dérogation à l’interdiction de destruction chimique des CIPAN sur les terres gérées en non-labour.


Novembre 2009

Isabelle Diomard – Tél. 02 31 70 25 30
Philippe Lerrant -Tél. 02 31 70 25 34
Samuel Hardy - Tél. 02 31 53 55 06