ECONOMIE(S), J’AGIS !
Améliorer le revenu des agriculteurs du Calvados
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"Economie(s), j’agis ! est le nom donné à l'opération qui réunie l’ensemble des organisations agricoles qui le souhaitent autour de l’amélioration du revenu des agriculteurs du Calvados.
Cette opération a été lancée lors d’une rencontre le 26 février 2005 à la Caisse Régionale de Crédit Agricole, où le Président de la Chambre d’Agriculture avait réuni 75 participants et 27 organisations agricoles.
Dans un contexte difficile et changeant (prix du lait, PAC…), la Présidente du Centre d’Economie Rurale du Calvados, Monique Brohier, rappelait les spécificités de l’économie agricole départementale et ouvrait la voie aux marges de progrès possibles. Michel Legrand et Nicolas Philippe, élus de la Chambre d’Agriculture du Calvados, présentaient ensuite les fondements de l’opération, orientée vers l’amélioration de la qualité, le raisonnement des charges opérationnelles (fertilisation, alimentation), le raisonnement des charges de mécanisation.
L’ambition de l’opération est d’être unitaire et de viser un maximum d’organisations. Elle doit être pratique en dégageant des conseils simples et essentiels. L’opération vise tous les agriculteurs du département.
Dans ces colonnes, et dans les publications des organisations partenaires, vous découvrirez régulièrement des conseils "Economie(s), j’agis !".
Avril 2004 Alain Yaouanc - Tél. 02 31 70 25 06
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 | Interview |  | | |  |
Michel Legrand Responsable des groupes de travail
Pourquoi une telle opération ? Plus que jamais, la gestion des exploitations est vitale. Economie(s), j’agis !, ne prétend pas être un outil de gestion des exploitations, mais son ambition est de rappeler ou faire acquérir des réflexes de bonne économie. C’est une question de survie pour de nombreuses exploitations, frappées par des prix en diminution et à l’avenir incertain, ou menacées par la réforme de la PAC.
Alors, ce sont des recettes pour tous ? Non ! Les partenaires d’Economie(s), j’agis ! ne croient pas aux recettes. Les conseils de cette opération privilégieront le raisonnement et l’adaptation de chaque exploitation. Néanmoins quelques principes généraux comme la nécessité de faire confiance aux services qui facilitent la gestion et la qualité sont adoptés. Notre département a des efforts à conduire en la matière.
Quels partenariat autour de l’opération Economie(s), j’agis ! Economie(s), j’agis ! est ouverte à toutes les organisations agricoles du Calvados. La plupart d’entre elles ont déjà signé la charte d’adhésion à l’opération. D’autres organisations partenaires de l’agriculture ont décidé également de la soutenir. Ainsi, c’est bien une action d’union qui est proposée.
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Beaucoup d’agriculteurs sont inquiets de l’avenir. L’environnement économique est incertain. Quelles seront les retombées de la nouvelle PAC sur nos exploitations ? Comment vont évoluer les prix ? Sommes-nous sûrs de prendre de bonnes décisions pour assurer l’avenir de nos exploitations, l’avenir de ceux qui vont nous succéder ? Nous n'allons pas refaire le monde, cependant... Nous n’allons pas refaire le monde économique dans notre seul département, et comme les autres, nous sommes tributaires de notre environnement. Il nous appartiendra de nous adapter le mieux possible. Cependant, l’observation attentive des résultats du Calvados montre des pratiques, des attitudes propres à notre département, et susceptibles d’apporter une dégradation du revenu. Chacun d’entre nous est responsable de ses pratiques et à la main pour les faire évoluer. L’observation du fonctionnement économique des exploitations, au travers du centre d’économie rurale, ou des réseaux d’élevage, est également riche d’enseignements, et nous indique des voies à suivre, des marges de progrès sur des exploitations comparables. Sur cette idée de base, les organisations agricoles du Calvados ont souhaité conduire en commun une opération visant à l’amélioration du revenu du plus grand nombre d’exploitations. Cette opération a reçu le nom, à la consonance dynamique "Economie(s), j’agis !".
Economie(s), j’agis ! Vous êtes peut-être surpris par le "s" entre parenthèse du mot Economie(s). Les responsables ont voulu ainsi insister sur les 2 sens qu’il fallait lui donner : faire des économies, réduire les coûts, mais aussi faire de l’économie, c’est-à-dire concevoir des exploitations agricoles, des fermes céréalières, des élevages, financièrement viables et durables dans le sens que l’on donne aujourd’hui à ce mot : inscrites dans la durée et pérennes, mais aussi transmissibles et ne gaspillant pas le patrimoine sol ou les ressources que nous utilisons qui ne sont pas inépuisables. La conduite en commun de l’opération est le fondement de Economie(s), j’agis ! Vos organisations entendent souvent des observations sur l’approche discordante des organisations agricoles, qui semblent un monde certainement complexe pour les personnes qui n’y sont pas ! Trop nombreuses, concurrentes, divergentes, coûteuses… Le débat est trop vaste pour être ouvert ici, sauf sur un point essentiel. Celui qui consiste à toutes les organisations agricoles qui le souhaitent d’élaborer, diffuser, accompagner des messages communs et de reconnaître leur impact sur l’économie. Ainsi, vous découvrirez prochainement dans le bulletin de la coopérative, le magazine de la Chambre d’Agriculture, du contrôle laitier, les mêmes messages, traduction de la volonté commune, d’avoir un minimum de langage commun vis-à-vis des agriculteurs de ce département. Mais, quels sont les principaux axes prioritaires de cette opération, conçue pour être pratique et relativement courte, puisque prévue jusqu’au 31 décembre 2005 ?
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La dérive des charges de mécanisation dans le Calvados est considérée comme un facteur important d’attention. Il y a lieu de vérifier sur chaque exploitation si le niveau de charge, quel que soit son montant, correspond bien à une nécessité pour le bon fonctionnement de l’exploitation.
Le Calvados dérive à la hausse
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Raisonner les charges ! Avant qu’elles ne résonnent ! Non, il ne s’agit pas de réduire les dépenses… à tout prix. Vos organisations, à l’unisson, souhaitent et vous inciteront à raisonner toutes les charges, en acceptant celles qui contribuent à optimiser le résultat économique, en fonction des orientations de l’exploitation, et en refusant celles qui s’apparentent à une amputation du revenu ou du gaspillage. Les charges en question sont : - La fertilisation, des conseils vous seront proposés sur la fumure de fond et sur la fumure azotée. En parallèle, l’analyse de sol est à encourager partout (voir plus bas).
- Les aliments et compléments. Les techniques de rationnement permettent facilement à notre époque d’optimiser les quantités et les coûts alimentaires, et rester cependant très professionnel.
- Les coûts de mécanisation, que l’on ne peut dissocier du raisonnement sur le temps de travail et la qualité des interventions. Là encore, il ne s’agit pas de restreindre abusivement des investissements qui permettent parfois de mieux s’organiser, d’intervenir au bon moment et d’améliorer la qualité ou réduire d’autres coûts, beaucoup sont intarissables sur le sujet. Il est essentiel par contre d’agir sur le gaspillage, le suréquipement notoire, ou la surpuissances. L’opération Economie(s), j’agis ! sera très ouverte sur toutes les formules qui permettent dans ce cas de réduire les coûts, et qui ont d’autres impacts favorables soit sur la solidarité entre les agriculteurs, soit sur l’organisation du travail. Les CUMA, et les entreprises de travaux agricoles, partenaires de l’opération, seront au centre du débat.
Améliorer la qualité Nous avons bien dit que l’opération s’adressait au plus grand nombre d’agriculteurs. Aussi, la qualité est ici la qualité de base, et non celle des filières qualité, parfaitement intéressante, mais encadrée, souvent très bien, par d’autres démarches. Dans la qualité "de base", on trouvera les sujets liés à la qualité du lait, au suivi sanitaire, au suivi des cultures. Les statistiques donnent en effet des chiffres effrayants pour certaines exploitations : rendements (excessivement) médiocres, bovins viande non finis, germes, cellules, arrêts de collecte, sous-réalisation chronique du quota, ou sur-réalisation, avec ses pénalités…
Des services pour être meilleur Le Calvados souffre depuis longtemps d’un sous emploi de nombreux services, qui sont partout en France le gage d’une meilleure qualité, d’un meilleur suivi. Paradoxalement, ces services, accusés alors d’être trop coûteux, ou pire de ne servir qu’au maintien des organismes en place, font parfois l’objet d’une désaffection en cas de difficultés, précipitant encore plus les difficultés. Economie(s) j’agis ! encouragera les agriculteurs à mieux utiliser ces services. Au rang de ces services, on citera l’insémination, le contrôle laitier, le contrôle de croissance, les analyses de sols.
Mai 2004 Alain Yaouanc - Tél. 02 31 70 25 06 |  | |  | |