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Connaissez-vous les céréales ensilées immatures ?


Depuis de nombreuses années, des éleveurs choisissent d'ensiler des céréales à paille à un stade immature, pour pallier à un manque de fourrages. Une autre motivation est apparue plus récemment : sécuriser les rations hivernales à base de maïs ensilage


La technique d'ensilage de céréales immatures est bien connue dans les zones séchantes du département comme le Val d'Orne. Les rendements limités du maïs ensilage et l'arrêt de végétation régulièrement observés sur les prairies ont incité les éleveurs à trouver des palliatifs. L'ensilage de céréales immatures, récoltées en général fin juin, permet d'assurer un stock d'appoint pour l'été en attendant la récolte de maïs. Cette technique s'est aussi développée en pourtour de la Plaine de Caen, puis a diffusé dans le département dans les exploitations associant production laitière et cultures de vente. Là, le but recherché a été d'associer les céréales immatures au régime hivernal à base de maïs à teneur en amidon élevée pour éviter les problèmes liés à l'acidose. L'excès d'amidon, associé à un manque de fibrosité, est souvent en cause dans ces pathologies.

Objectif 35% de matière sèche
Le bon compromis rendement/valeur alimentaire se situe entre 30 et 35 % de matière sèche, au stade laiteux pâteux de la céréale. Les rendements accessibles sont alors de l'ordre de 10 tonnes de matière sèche par hectare.
Au-delà, un taux de matière sèche élevé complique la conservation du silo (tassement, présence d'air). La rigueur dans la confection du silo est toujours un gage de qualité de conservation. La reprise et la tenue du front d'attaque sont tout autant cruciales. Si l'épi est barbu, (orge, triticale), viser 30 % est plus sûr pour éviter d'éventuels problèmes d'irritation.
Viser le bon stade est souvent un exercice délicat quand on sait que la matière sèche peut augmenter d'un point par jour en période chaude. Deux semaines seulement s'écoulent entre le stade 35 et 50 % de matière sèche. Une surveillance régulière des parcelles est indispensable.

 Matière sècheUFL/kg MSPDIN
g/kg MS
PDIE
g/kg MS
ARVALIS
(1994 à 2004)
35%0,69 à 0,7538 à 5163 à 66
ARVALIS
(1994 à 2004)
50%0,75 à 0,8145 à 5766 à 70
INRA
1988
35%0,646060


Une valeur alimentaire qui varie rapidement
L'augmentation rapide de la part de l'épi dans la plante entière fait varier la valeur énergétique (UFL). Ainsi, un suivi sur 10 années a été réalisé par Arvalis avec du blé ou du triticale et plusieurs taux de maturité (voir tableau).
Ces valeurs sont supérieures à celles affichées dans les tables alimentaires de l'INRA, il est vrai avec des cultures de céréales des années quatre-vingts, le potentiel génétique ayant évolué depuis.
Pour ce qui est de l'espèce, il n'y a pas de réelles différences entre du blé, du triticale ou de l'orge. Les écarts se font plus au sein d'une même espèce avec le stade de maturité. Le choix de l'une ou de l'autre dépend des conditions de milieu et de choix économiques avec, par exemple, une moindre consommation d'intrants avec le triticale.

Adapter les rations aux situations
Cependant, l'intérêt de l'ensilage de céréales ne réside pas dans sa richesse, mais dans sa relative pauvreté ! Ce qui revient à mettre en avant sa richesse en tiges, en fibres. En se substituant à de l'ensilage de maïs à taux d'amidon élevé, il permet de retrouver un seuil de 27-28 % d'amidon dans la ration, beaucoup plus sécurisant pour un bon fonctionnement de la panse.
C'est ainsi qu'avec 4 à 5 kg de matière sèche d'ensilage de céréales
immatures distribuées en complément de maïs, les vaches laitières en début de lactation maintiennent de bons résultats de production. L'énergie totale ingérée par la vache est bien digérée, ce qui contribue même parfois à mieux valoriser le maïs. Pour bénéficier pleinement de cet effet, il convient de limiter l'apport de concentré énergétique à base d'amidon.
S'il s'agit de faire face à une pénurie de fourrages, une ingestion de 10 à 12 kg est possible et couvre 5 kg de lait.
Si cette technique est ancienne dans le Calvados, elle se renouvelle avec l'intérêt porté à la sécurité des rations pour éviter les problèmes d'acidose. L'arrivée du triticale a aussi relancé un choix technique allié à un intérêt économique. Enfin, aujourd'hui, plusieurs éleveurs cherchent à associer céréales et protéagineux en ensilage pour limiter la dépendance en protéines de leur exploitation.

Des associations céréales-protéagineux à ensiler
Des essais et des observations sont actuellement conduits par les Chambres d'Agriculture du Calvados et de la Manche.

Cette formule présente des intérêts par rapport à une céréale seule :

- culture très économe : fertilisation azotée inutile, sensibilité aux
maladies limitée,
- ensilage avec des protéines quand le protéagineux est bien présent (le double d'une céréale seule ou d'un maïs).

Mails elle présente aussi des limites:
- le pois fourrager et la vesce ont tendance à provoquer de la verse,
- choisir des espèces qui s'associent bien.

Dans les céréales : triticale et/ou avoine (blé et orge sont plus facilement étouffés). Dans les protéagineux : pois fourrager et/ou vesce (pois protéagineux à éviter car étouffé).

Jean-Jacques Beauchamp - Tél. 02 31 70 25 00









25 partenaires régionaux se mobilisent au sein du Pôle pour la Valorisation de la Prairie Bas-Normande

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