Une valeur alimentaire qui varie rapidement
L'augmentation rapide de la part de l'épi dans la plante entière fait varier la valeur énergétique (UFL). Ainsi, un suivi sur 10 années a été réalisé par Arvalis avec du blé ou du triticale et plusieurs taux de maturité (voir tableau).
Ces valeurs sont supérieures à celles affichées dans les tables alimentaires de l'INRA, il est vrai avec des cultures de céréales des années quatre-vingts, le potentiel génétique ayant évolué depuis.
Pour ce qui est de l'espèce, il n'y a pas de réelles différences entre du blé, du triticale ou de l'orge. Les écarts se font plus au sein d'une même espèce avec le stade de maturité. Le choix de l'une ou de l'autre dépend des conditions de milieu et de choix économiques avec, par exemple, une moindre consommation d'intrants avec le triticale.
Adapter les rations aux situations
Cependant, l'intérêt de l'ensilage de céréales ne réside pas dans sa richesse, mais dans sa relative pauvreté ! Ce qui revient à mettre en avant sa richesse en tiges, en fibres. En se substituant à de l'ensilage de maïs à taux d'amidon élevé, il permet de retrouver un seuil de 27-28 % d'amidon dans la ration, beaucoup plus sécurisant pour un bon fonctionnement de la panse.
C'est ainsi qu'avec 4 à 5 kg de matière sèche d'ensilage de céréales
immatures distribuées en complément de maïs, les vaches laitières en début de lactation maintiennent de bons résultats de production. L'énergie totale ingérée par la vache est bien digérée, ce qui contribue même parfois à mieux valoriser le maïs. Pour bénéficier pleinement de cet effet, il convient de limiter l'apport de concentré énergétique à base d'amidon.
S'il s'agit de faire face à une pénurie de fourrages, une ingestion de 10 à 12 kg est possible et couvre 5 kg de lait.
Si cette technique est ancienne dans le Calvados, elle se renouvelle avec l'intérêt porté à la sécurité des rations pour éviter les problèmes d'acidose. L'arrivée du triticale a aussi relancé un choix technique allié à un intérêt économique. Enfin, aujourd'hui, plusieurs éleveurs cherchent à associer céréales et protéagineux en ensilage pour limiter la dépendance en protéines de leur exploitation.