| Stocks Fourragers au plus bas : quelques pistes à étudier ! |
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|  | Les silos de maïs avancent très vite cet hiver ! Les rendements ont été inférieurs de 20 % en moyenne - jusqu’à -50 % dans certains secteurs du Bocage - et les quantités ingérées sont plus importantes. Selon les situations, les fourrages disponibles en fin d’hiver pourraient manquer. Il est souhaitable de réfléchir, dès maintenant, aux solutions à mettre en place en attendant la nouvelle récolte. Herbe, maïs, autres fourrages, voici un panorama des solutions internes à étudier sur votre exploitation.
Valoriser les surfaces en herbe, plus que jamais d’actualité… Sur sol ressuyé, le premier apport d’azote est classiquement possible mi-février, lorsque la somme des températures moyennes depuis le 1er janvier atteint 250°C pour les RGA et les prairies naturelles tardives, ou 200°C pour les prairies naturelles précoces. Avec la douceur de ce début d’année, ces seuils ont été atteints début février. 30 à 60 unités/ha, selon les parcelles et le chargement prévu, vont avancer les dates de mise à l’herbe ou de récolte.
Une fertilisation azotée précoce Les apports d’azote de fin mai - début juin serviront à constituer des stocks sur pied sur des parcelles à base de graminées avant d’aborder l’été.
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Les prix élevés de l’azote, voire sa disponibilité aujourd’hui, invitent à bien raisonner la fertilisation sur les cultures pour ne pas fragiliser la trésorerie des exploitations. Les quantités d’azote économisées sur les maïs qui auront reçu du fumier ou du lisier seront d’autant mieux valorisées sur prairies si le printemps est favorable.
Mettre à l’herbe tôt La portance reste le critère de décision pour sortir les premiers lots. En situation favorable, les vaches pourront sortir fin février avec le risque d’interruption par des pluies abondantes. En pâturant ras, le tallage sera favorisé et les zones qui ont poussé en cours d’hiver seront éliminées. Cette première étape est un préalable pour obtenir un bon rendement d’herbe en quantité et qualité.
Complémentation à l’herbe : le concentré plus efficace que le maïs Le maïs ensilage est moins bien valorisé qu’un concentré lorsqu’un fond de ration énergétique est souhaité. La substitution avec l’herbe est en effet plus faible avec du concentré pour des niveaux de lactation autour de 25 kg. Comme l’illustre le tableau ci-contre. Le concentré est plus efficace dans le cadre d’un pâturage bien conduit. Ceci dit, le coût d’un kg de concentré cette année est au moins le double d’un kg de maïs.
Prévoir des récoltes précoces Un ensilage très précoce (fin avril) sur des parcelles accessibles aux vaches présente plusieurs avantages. Le fourrage a une haute valeur alimentaire à condition d’avoir une bonne conservation. Et les regains, précoces (2ème quinzaine de mai), seront de qualité. L’alternance fauche-pâture sur le maximum de parcelles limitera également les refus. Si elles sont en stade avancé (semis précoce et bon développement hivernal), les dérobées (RGI*) peuvent être récoltées une première fois en février : pâturage ou récolte à la "taarup". Elles pourront l’être une seconde fois début mai.
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| Ensilage des céréales immatures et inter-cultures, un duo gagnant |
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Les ensilages de céréales immatures et mélanges céréales protéagineux libèrent le sol tôt, vers la fin juin. La mise en place d’une inter-culture peut fournir quelques tonnes de matières en plus.
Un ensilage de céréales immatures ou méteil à 30 à 35 % de matière sèche Le bon compromis rendement/valeur se situe autour de 30 à 35% de matière sèche, au stade laiteux pâteux de la céréale. Ce stade est généralement obtenu la 2ème quinzaine de juin. Les rendements sont alors de l’ordre de 10 tonnes de matière sèche par hectare pour une céréale pure. Une surveillance régulière des parcelles est indispensable pour viser le bon stade - la matière sèche peut augmenter d’un point par jour en période chaude. Au-dessus de 35%, un taux de matière sèche élevé complique la conservation du silo (tassement, présence d’air). La reprise et la tenue du front d’attaque sont très importantes.
Une valeur alimentaire d’ensilage qui varie rapidement L’augmentation rapide de la part épi/plante entière fait également varier la valeur énergétique (UFL). Il n’y a pas de réelles différences entre espèces blé, triticale ou orge. Les écarts se font plus au sein d’une même espèce avec le stade de maturité. En pénurie de fourrages, une ingestion de 6 à 8 kg de matière sèche est possible en saison de pâturage. L’ensilage de céréales immatures peut être distribué, comme fourrage principal ou associé à de l’ensilage d’herbe aux génisses d’élevage (à volonté) ou aux vaches taries (en rationnant), accompagné si besoin d’un complément azoté.
Inter-cultures : du fourrage supplémentaire pour l’automne Depuis deux ans, la Chambre d’Agriculture du Calvados expérimente le semis d’inter-cultures. Cette année, on retiendra quelques associations : - RGI + trèfle d’Alexandrie - Moha + trèfle d’Alexandrie - Trèfle incarnat + RGI Pour certaines espèces (RGI, trèfle violet) semer au mois de mars en sous-couvert, dans la culture du méteil ou céréales récoltées en ensilage, est également possible.
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| | Rendement brut (tonne/ha) | Taux de matière sèche | Rendements (tonne MS/ha) | | | Moha + Trèfle d'Alexandrie | 21.7 | 15.3 % | 3.3 | Inter-culture après ensilage méteil | | Seigle + Trèfle Incarnat | 16.7 | 13.8 % | 2.3 | | Seigle + Trèfle d'Alexandrie | 27.0 | 12.4 % | 3.3 | | Seigle + Vesce commune | 5.2 | 20.1 % | 1.0 | | Seigle + Vesce velue | 12.7 | 15.7 % | 2.0 | | Vesce velue | 18.4 | 12.5 % | 2.3 | | RGI + Vesce velue | 15.1 | 17.6 % | 2.7 | | RGI + Trèfle Incarnat | 34.0 | 12.1 % | 4.1 | | RGI + Trèfle d'Alexandrie | 24.3 | 13.3 % | 3.2 | | Trèfle violet | 12.3 | 24.4 % | 3.0 | Inter-culture en sursemis | Rendements des inter-cultures post méteil (site à Carville, automne 2007) |
| Maïs : reconstituer les stocks |
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En fonction de votre situation, si vous souhaitez augmenter les reports, compter 0,2 t de MS maïs /VL consommées par mois au printemps et 0,55 t MS/VL et par mois d’hiver.
Ensiler plus tôt les maïs ? Aujourd’hui, les variétés de maïs sont majoritairement commandées. Pour avancer la date d’ensilage du maïs, plusieurs leviers existent. Le recours à l’un ces leviers doit être analysé en bonne connaissance des conséquences. Le risque sera limité s’il est mis en œuvre seulement sur quelques hectares : - utiliser des variétés plus précoces, - avancer la date de semis si les conditions météorologiques le permettent mais il y a des risques sanitaires (mouches), - ensiler avant la maturité optimale et adapter la ration alimentaire en conséquence. Ces pratiques peuvent cependant causer une chute de rendement si l’année est sèche. L’orientation de la parcelle au sud ou le choix d’une parcelle en petite terre peut permettre une accélération de la maturité mais attention en cas de sécheresse.
Faut-il faire du maïs sous plastique ? En situation de pénurie de fourrages et de bonne trésorerie, la plasticulture a peut-être sa place sur quelques hectares pour disposer d’ensilage plus tôt (2 à 3 semaines). Le maïs sous plastique ne nécessite pas plus d’azote car il bénéficie plus de la minéralisation du printemps. En situation normale, la plasticulture n’est pas une nécessité. Elle représente de fortes charges opérationnelles supplémentaires et pose le problème de la dégradation du plastique ; 10 ans après, on en retrouve encore.
L’engrais starter 100 à 150 kg/ha de fumure starter selon les parcelles (par exemple 18-46) permettront également de favoriser la vigueur au départ et d’avancer la maturité des maïs (2 points de MS supplémentaire à date équivalente). Un épandage de lisier remplace l’engrais starter. En situation de pénurie, nous pouvons toujours croiser les doigts pour espérer une bonne année fourragère en attendant la récolte prochaine de maïs. Cependant, il est plus sûr d’anticiper. L’évolution du prix des intrants doit aussi guider les choix.
David Delbecque - Arnaud Langlois -Jean-Jacques Beauchamp - Février 2008
* UFL Unité Fourragère Lait - RGI Ray Grass Italien - MS Matière sèche
Zone géographique (Station) | Bessin (Vaubadon) | Bocage (Vire) | Pays d'Auge (Beaumont en Auge) | | Classement de la parcelle selon la situation climatique | 10 points | 8 points | 10 points | | Exemple de variété habituellement conseillée | Sarabande | Méribel | Sarabande | | Date prévisible d'ensilage pour un semis au 5 mai (objectif 32% de MS) | 16 au 20/09 | 14 au 18/09 | 16 au 20/09 | | Exemple de variétés conseillées pour avancer la date d'ensilage | Estelle | Estelle | Estelle | | Date prévisible d'ensilage pour un semis au 25 avril (objectif 28% de MS) | 29/08 au 02/09 | 31/08 au 04/09 | 29/08 au 02/09 | Estimation de récolte réalisée à partir des moyennes trentenaires |
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